![]() |
![]() |
![]() |
||
|
Participent à cette aventure Philippe Guedron, un ami du temps lointain où nous faisions ensemble du kayak, son frere Didier et sa belle sœur Renate, Jean Chillon, un collègue de mon travail, ainsi que Christiane et JF Porret dans le rôle du tétra. 11 janvier Nous voici de
nouveau à Addis Abeba, 2 ans après notre voyage dans le Nord de
l’Ethiopie (voir Ethiopie 97). Son aéroport est, pour des raisons de sécurité, coupé de
l’extérieur par un large no mans land. On y est donc préservés de
l’habituelle bousculade des arrivées d’avion. Enfin, tant qu’on n’a pas
franchi le poste de garde et ses militaires… 12 janvier Dépose de médicaments dans un dispensaire Nous avions
rassemblé, avant notre départ de France, une valise de médicaments à
donner à notre arrivée. Ils m’avaient été fournis par un pharmacien en
lien avec Pharmaciens Sans Frontières, sur la base de la liste que m’avait
envoyé le médecin de l’ambassade de France. Ceci afin de bien cibler ceux
qui font vraiment défaut en Ethiopie. Les expédier s’était avéré
impossible, par risque qu’ils soient volés puis revendus au marché noir.
L’après midi, nous prenons la route du Sud et couchons à proximité du lac Ziway, le 1er d’une série qui va s’égrainer tout au long du rift, se poursuivant au Kenya. Claude nous accompagne car il n’est allé qu’une seule fois dans l’Omo et souhaite revoir ces zones tribales. 13 janvier Longue route pour rejoindre le soir Arba Minch. Les 4x4 louvoient entre les nids de poule ou roulent sur le bas côté de la route si celui ci s’avère plus roulant. La radio a annoncé que la guerre était presque lancée. Les stations essence sont réquisitionnées par l’armée et refusent de nous fournir le précieux carburant. Pas d’autre solution pour les chauffeurs que d’utiliser les jerricans qu’ils ont mis sur le toit et de s’approvisionner la nuit, au marché noir. Cela s’avérera de plus en plus difficile, au fil des jours, et avec un tarif en forte croissance. 14 janvier Découverte des ethnies du Sud Départ très
matinal, de nuit. 3 heures de piste jusqu’à Konso, puis à nouveau 4 h de
piste jusqu’à Keyafer, où se tient le grand marché des ethnies locales.
Nous sommes tout à coup plongés dans l’Afrique profonde de nos livres
d’école. Hommes et femmes sont à demi nus. Tous portent les bijoux
distinctifs de leur ethnie et sont d’une grande beauté. Certains sont
revêtus de peau de bête. 15 janvier Claude a pu
téléphoner à sa femme, restée à Addis. Elle est érithréenne et est donc
directement menacée par la nouvelle guerre. Deux de ses amies viennent
d’être reconduites à la frontière. Il est extrêmement inquiet pour elle et
souhaite rentrer. 16 janvier Nous retournons
jusqu’à Konso puis partons voir des villages de l’ethnie de ce secteur.
L’un d’eux est situé en hauteur sur une colline. J’en profite pour y
pénétrer avec mon FTT, en utilisant la pente pour rouler sans aide. Je
suis immédiatement entouré par une foule hétéroclite d’hommes, de femmes
et d’enfants criant leur étonnement, voulant me toucher, me palper, me
serrer au plus près. Je suis à demi étouffé. Ils sont très sales, l’odeur
est forte. Christiane est entrée avec Claude dans une case et je me sens
un peu seul… 17 janvier Route jusqu’à Arba Minch. Ballade en FTT par un joli chemin en forêt, situé sous des falaises. Les oiseaux sont superbes, très colorés. 18 janvier Premiers contacts avec la faune Nous partons tôt
le matin dans le parc Nechisar, qui ne voit guère de touristes et où nous
sommes entièrement seuls. La piste domine le lac Chamo dans lequel
flottent de très nombreux crocodiles du Nil, d’une taille impressionnante.
Au milieu d’eux, d’intrépides ethiopiens pêchent à genoux dans leur
étroite pirogue. Une belle faune vit dans ce parc et nous pouvons
approcher de nombreux zèbres de grande taille, des grands kudus (avec
leurs oreilles de mickey) et de grands rapaces noir endémiques de
l’Abyssinie. 19 janvier Nos chemins se
séparent. Claude nous quitte pour retrouver sa femme. Elle a encore une de
ses amies qui a été ramassée dans une rafle et déportée sur l’Erythrée.
Elle lui a décrit l’angoisse de tous les matins, peu avant le lever du
soleil, à l’heure où les coups frappés à la porte sont le signe que votre
tour est venu… 20 janvier Le FTT à la rencontre de la faune sauvage Notre chauffeur
nous trouve un guide local qui m’emmène en FTT dans une grande plaine où
se trouvent des Grands Nyalas, antilopes de belle taille, nanties de
cornes impressionnantes en forme de lyre. Nous parvenons à avancer
discrètement à travers les hautes herbes jusqu’à un point haut proche de
l’un d’entre eux. Superbe. 21 janvier Je monte en FTT
depuis le refuge en direction du sommet de la colline, poussé par les
copains. De là, je redescends seul sur son autre versant, dans un petit
bois. J’ai la surprise de me retrouver soudain nez à nez avec un groupe de
Nyalas femelles et leurs petits. Ils semblent étonnés mais pas effrayés.
Je roule doucement dans leur direction sans faire de geste brusque et
parviens à quelques mètres d’eux. Ils me regardent avec sympathie quand
tout à coup ils découvrent en haut du pré, loin derrière moi, Christiane
et notre chauffeur. Ils s’enfuient aussitôt et disparaissent dans le bois.
Merveilleuse rencontre et délicieux sentiment de connivence. 22 janvier Une longue descente en FTT Arrêt au poste de
police. Jean n’a pas réglé son problème de passeport disparu. L’affaire
est complexe parce que la déclaration de perte, rédigée dans la langue
locale doit être retraduite dans la langue officielle éthiopienne. Et il
faut que tout ceci soit validé au retour dans la capitale pour obtenir le
document autorisant la sortie du pays. 23 janvier Visages de guerre, agression, accident Le voyage touche à
sa fin. Nous prenons le chemin du retour. Une longue étape de 11 heures
nous attend. 24 janvier Le groupe est
parti vers des sources chaudes. Christiane et moi allons nous perdre à
pied dans un quartier de la ville. Mauvaise pioche. Un homme me bouscule,
essayant de me faire tomber du fauteuil en même temps que son comparse
tente d’arracher le sac à dos de Christiane, distraite par mon agression.
Elle parvient à résister et nous nous enfuyons aussi vite que possible et
à rejoindre une rue beaucoup plus peuplée. Séquence émotion… 25 janvier Don d'un four solaire Nous accompagnons Didier, qui avait emporté dans ses bagages un mini four solaire à donner à une association avec laquelle il est en contact. Celle ci forme les femmes des villages à leur utilisation et permet de lutter ainsi contre la déforestation. Le bois est de plus en plus difficile à trouver et le kérosène coute cher. Notre vol part à
minuit. Nous partons de nuit à l’aéroport, en minibus. Nous roulons vite,
trop vite, au milieu des vélos et des innombrables piétons. On frôle les
uns, on rase les autres et c’est l’accident. Un bruit sourd sur la tôle,
une tête qui percute le pare brise juste devant mon visage, un corps
inanimé au sol. Le chauffeur reste étonnamment calme. Il griffonne quelque
chose sur un bout de papier, le donne à un témoin de la scène et nous
reprenons notre route, très préoccupés de l’état de santé du blessé pour
lequel nous nous sentons bien impuissants. |
|||
![]() |