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Ethiopie
du Nord 1997
15 février Arrivée tardive à l’aéroport. Celui ci parait étonnamment calme. Pas de bousculade ni de sollicitations. Nous récupérons nos bagages et quittons le bâtiment. Même quiétude à l'extérieur. Nous traversons un no man's land et parvenons à une enceinte surmontée de barbelés et à une imposante grille. Et là, une fois franchi le poste de garde solidement armé, c'est une toute autre histoire : la foule, les porteurs, les taxis, les bus, dans un tohu bohu animé et parfois agressif. Nous apercevons Claude, qui nous exfiltre en souplesse... 16 - 18 février Incursion dans la vallée du rift
Départ en fin de matinée pour le Sud et la vallée du rift. La piste est
fréquentée. De multiples nids de poule obligent à souvent rouler sur le
bas côté. Le paysage est très beau. Les arbres en bord de route sont
parfois chargés de nombreux charognards : grands marabouts, vautours,
ibis. Quand ceux ci ne grouillent pas tous au sol, la tête plongée dans
une carcasse d'âne mort... Nous nous arrêtons sur les bords du lac Ziway
et passons la nuit au bord du Lac Langano dans des bungalows. Nombreux
chants d’oiseaux. 19 février
Journée à Addis. Marché, le matin. Décevant, très grand et sans cachet. A
midi, Injera. Il s’agit d’une sorte de grande crêpe de céréale fermentée,
au goût acre et acide. Elle ne laisse personne indifférent : on aime ou on
n’aime pas. Nous, on fait plutôt partie des seconds. 20 février Eglises enterrées de Lalibella en FTT
Vol Lalibella 7h45 - 9h10 21 février
Nous sommes éveillés le matin avant l’aube par des chants graves,
accompagnés des percussions de gros tambours, et semblant surgir du sol.
Nous comprenons qu’il s’agit d’un office dans l’une des églises enterrées.
Et cela nous sera confirmé par le magnifique spectacle de la sortie des
fidèles, couverts d’un drap blanc immaculé et s'éloignant en de multiples
colonnes par les sentiers de montagne. Témoignage émouvant d'une foi
vivante et pleine de ferveur. 22 février
C’est jour de marché à Lalibella. Beaucoup de monde et de bousculade. Les
vendeurs viennent à pied de toute la montagne, souvent de très loin. La
plupart n’a pas grand chose à proposer : quelques œufs, un peu de légume…
Les enfants, comme toujours se chamaillent pour pousser JF jusqu’à la
place du marché, lui permettant de se déplacer de marchand en marchand, à
demi englouti au milieu de la foule. 23 février
Vol Lalibella – Gondar 9h25 – 10h10 24 février Le massif du Simien en FTT
Départ en minibus pour le village de Debark, situé à 2300 m au coeur du
massif du Simien. Nous y logeons dans un hôtel destiné aux randonneurs. A
nouveau une chambre sans eau. 25 février Envoi d'un fauteuil roulant
Nous montons jusqu’au col par lequel la route redescend en lacets serrés
et raides vers le Tigré et la capitale religieuse de Axum. De retour à
l’hôtel, nous rencontrons un jeune handicapé qui se déplace sur les mains
et les fesses, les fauteuils roulants étant inexistants ici. Nous
l’invitons à manger à notre table et prenons discrètement son nom et
adresse, pour ne pas induire de faux espoir. Il faudra plus de 6 mois à JF
pour trouver le moyen fiable qui permettra de lui expédier un fauteuil
adapté, pour éviter les détournements à la frontière et la mise sur le
marché noir, enfin pour être assuré qu'il sera emmené en 4x4 depuis Addis
Abeba et remis en mains propres. L’ambassade de France sera d’un très
grand secours. Et le récit qui nous a été fait bien plus tard de la
« livraison » du fauteuil et de la joie de ce jeune homme nous a tous
remplis d'émotion. Une goutte d'eau dans un océan de misère, mais une
goutte quand même... 26 février Vers le lac Tana
Vol Gondar – Bahar Dar 13h45- 14h10 27 février
Ballade au marché, très animé. 28 février FTT aux chutes du Nil Grand jour, nous partons vers Tissisat, les chutes du Nil Bleu, situées 35 km après l’exutoire du lac Tana. Elles semblent être bien en eau, car les pluies ont été abondantes. Le minibus nous dépose au départ du chemin d’accès. JF enfourche son FTT et franchit le pont enjambant l'étroite gorge dans laquelle grondent les eaux tumultueuses du Nil. Remontée jusqu'à un petit village où nous interrogeons les habitants pour estimer la possibilité d’accès plus loin en FTT. Le verdict est formel : le passage est possible mais il est très dangereux, parce qu’entièrement déversant dans les grandes pentes raides qui plongent dans le canyon du Nil. Ils proposent une solution originale et spectaculaire : JF sera porté dans son FTT à l’aide de grosses branches qu’ils coupent alors sur le champ. Et c’est grâce à cette surprenante chaise à porteurs, à l'allure royale, qu'il parviendra tout au bout du sentier jusqu'à l’impressionnant belvédère d’où le spectacle des chutes est magnifique. Mais là, il est hors de question de relâcher les freins, une fois le FTT posé au sol… 1er mars La
tentative avortée vers l’ile du lac Tana nous avait laissé sur notre faim.
Nous projetons de refaire un essai par la piste qui remonte long d’une
presqu’ile jusqu'à un monastère. Nous négocions un 4x4 pour être sûr de
tenir les contraintes horaires (notre vol sur Addis est à 14 h 30). Mais
en fait de 4x4, c'est une vulgaire voiture que nous voyons arriver. Nous
tentons quand même le coup et nous nous retrouvons rapidement sur une
piste très chaotique et difficile sur laquelle l'allure est d'une
désespérante lenteur. Nous nous attendons à chaque instant à rester
plantés dans un trou. Au bout de 2 h ½ la végétation s’éclaircit un peu et
nous découvrons les cases d'un petit village où c’est jour de marché. Fin
du trajet motorisé. JF passe sur son FTT et nous poursuivons par un
sentier étroit à travers une jungle relativement dense. 2 – 3 mars Addis Abeba et retour sur la France (extraits du carnet de voyage de Christiane Porret) |
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