Cliquez pour retourner à la Page d'accueil... Cliquez pour retourner à la Page d'accueil...
 

 

 

 

 

 

 



     


  

 

 Ethiopie du Nord  1997

FTT à Lalibella et dans le massif du Simien

 

Participants
 : Claude & Cathy Cornet, Lucien & Nicole Honnilh, Christiane & JFrançois Porret


L’Ethiopie, nous l’avions rêvée sans trop y croire. Cette destination était en 1997 encore très peu fréquentée par les français. Le pays n'était sorti que depuis moins de 4 ans d'une guerre meurtrière et quasi ininterrompue pendant 20 ans. Une infirmière française, vivant là bas, nous avait montré les photos de son tout récent mariage avec un Ethiopien et nous avait convaincu de la possibilité de partir. L’Abyssinie semblait aussi belle dans la réalité que dans les livres d’histoire.
Mais l’organisation de la logistique ne s’avérait pas simple. Les vols sur les lignes intérieures ne pouvaient être réservés que sur place. Ils étaient de surcroit incertains et leur sécurité aléatoire. Il nous fallait absolument trouver un contact fiable.
JF a eu l’immense chance de faire la connaissance de Claude, un ancien membre de l’ambassade de France, retraité depuis peu à Addis Abeba. Celui ci s’est pris d’une réelle sympathie pour ce projet de randonnées au cœur de l’Ethiopie avec un Fauteuil Tout Terrain. Il a été la clef qui nous a ouvert la porte de l’aventure.

15 février

Arrivée tardive à l’aéroport. Celui ci parait étonnamment calme. Pas de bousculade ni de sollicitations. Nous récupérons nos bagages et quittons le bâtiment. Même quiétude à l'extérieur. Nous traversons un no man's land et parvenons à une enceinte surmontée de barbelés et à une imposante grille. Et là, une fois franchi le poste de garde solidement armé, c'est une toute autre histoire : la foule, les porteurs, les taxis, les bus, dans un tohu bohu animé et parfois agressif. Nous apercevons Claude, qui nous exfiltre en souplesse...

16 - 18 février         Incursion dans la vallée du rift

Départ en fin de matinée pour le Sud et la vallée du rift. La piste est fréquentée. De multiples nids de poule obligent à souvent rouler sur le bas côté. Le paysage est très beau. Les arbres en bord de route sont parfois chargés de nombreux charognards : grands marabouts, vautours, ibis. Quand ceux ci ne grouillent pas tous au sol, la tête plongée dans une carcasse d'âne mort... Nous nous arrêtons sur les bords du lac Ziway et passons la nuit au bord du Lac Langano dans des bungalows. Nombreux chants d’oiseaux.
Puis nous continuons à descendre vers le Sud, admirant le magnifique lac Shala puis le lac Abiata et sa gigantesque colonie de flamands roses qui s’envolent en un immense nuage coloré. Arrivée à Wondo Genet pour le déjeuner. Ballade en FTT l’après midi dans une végétation luxuriante. Beaucoup d'oiseaux de toutes couleurs. Nuit sur place, au milieu des arbres envahis par une bruyante population de singes. Puis, retour sur AA par la piste après cet avant goût de l'Ethiopie du Sud. Elle nous a séduits et il nous faudra revenir une autre année (voir Ethiopie 99)...

19 février

Journée à Addis. Marché, le matin. Décevant, très grand et sans cachet. A midi, Injera. Il s’agit d’une sorte de grande crêpe de céréale fermentée, au goût acre et acide. Elle ne laisse personne indifférent : on aime ou on n’aime pas. Nous, on fait plutôt partie des seconds.
Visite du Musée national historique avec ses belles évocations du grand Negus Haile Selassie ainsi que celles de notre lointaine cousine Lucy trouvée la bas et ses 3,2 millions d'années.
Puis ballade sur une colline qui domine la ville et d'où la vue est très belle. JF regrette de n'avoir pas pris son FTT, la descente aurait surement été amusante.

20 février         Eglises enterrées de Lalibella en FTT

Vol Lalibella   7h45  -  9h10
Beaucoup de stress et de suspens pour l’embarquement du FTT de JF dans le petit avion de 18 places. Après moult tractations et négociations, tout le monde finit par partir.
Très joli vol, à basse altitude. On profite pleinement du paysage. Et l’arrivée sur Lalibella, avec un virage serré sur l’aile au ras des églises enterrées, est de toute beauté. La piste est en terre et l’aéroport n’est qu’une minuscule cabane en tôle. Le nouvel aéroport, accessible aux gros avions de ligne, ne sera construit que quelques années plus tard.
Nous choisissons un hôtel un peu vétuste, médiocrement entretenu parce que sur le point d’être vendu, mais situé à proximité des églises et surtout implanté au milieu d’une belle végétation.
L’après midi, visite des églises de la partie Nord Ouest en FTT. Les escaliers sont acrobatiques à descendre. Un amputé des 2 jambes accompagne JF en se traînant sur les mains. Il reste en sa compagnie  pendant que nous descendons sous terre dans les églises. Son anglais est suffisamment correct pour qu'ils puissent bavarder longuement ensemble. Quelle belle leçon de vie il nous donne ! Pas une plainte, aucune mendicité ou demande de quoi quelle que sorte. Mais au contraire, une réelle empathie et une grande compassion pour la tétraplégie de JF. 

21 février

Nous sommes éveillés le matin avant l’aube par des chants graves, accompagnés des percussions de gros tambours, et semblant surgir du sol. Nous comprenons qu’il s’agit d’un office dans l’une des églises enterrées. Et cela nous sera confirmé par le magnifique spectacle de la sortie des fidèles, couverts d’un drap blanc immaculé et s'éloignant en de multiples colonnes par les sentiers de montagne. Témoignage émouvant d'une foi vivante et pleine de ferveur.
Nous avons rendez vous à 8 h pour partir en randonnée à pied et en FTT jusqu’à l'église de Nakuta lab, situé dans une grotte à 14 km de là. Les enfants se disputent bruyamment le privilège de pousser le FTT de JF. Les escaliers d’accès à la grotte proprement dite sont étroits et escarpés. Il reste au niveau du porche.  

22 février

C’est jour de marché à Lalibella. Beaucoup de monde et de bousculade. Les vendeurs viennent à pied de toute la montagne, souvent de très loin. La plupart n’a pas grand chose à proposer : quelques œufs, un peu de légume… Les enfants, comme toujours se chamaillent pour pousser JF jusqu’à la place du marché, lui permettant de se déplacer de marchand en marchand, à demi englouti au milieu de la foule.
L’après midi, poursuite de la visite des églises. Très belles, plus simples et plus rustiques. Un goulet étroit et sombre permet d’y accéder. Pas franchement accessible aux FTTistes…

23 février

Vol Lalibella – Gondar  9h25 – 10h10
Un tout petit vol au ras du sol nous mène à Gondar, la capitale régionale. Nous y trouvons une pension de famille, propre mais dépourvue d’eau dans les chambres. Il faut aller remplir un seau au puits. Rustique et sommaire.

24 février         Le massif du Simien en FTT

Départ en minibus pour le village de Debark, situé à 2300 m au coeur du massif du Simien. Nous y logeons dans un hôtel destiné aux randonneurs. A nouveau une chambre sans eau.
L’après midi, nous montons en jeep sur la piste qui s’avance après Sankaber, à 3600 m, en vue du point culminant de l’Ethiopie, le Ras Dashen (4500 m). Le belvédère est saisissant. Des pentes quasi verticales plongent vers la plaine de Tigré, quelques 2000 m plus bas. Un garde armé nous accompagne pour nous « protéger » de la faune sauvage. Le fait est que les singes sont extrêmement nombreux, facilement agressifs  mais magnifiques : de grands babouins Geladas avec leur gros cœur rouge si caractéristique au milieu de la poitrine.
JF lance soudain son FTT dans la longue descente de la piste qui mène à Debark. Le garde, surpris et persuadé que cet engin n’a pas de freins (ils sont invisibles au non initié), jette en catastrophe sa Kalachnikov à Cathy (qui ne sait vraiment pas par quel bout la prendre) et plonge à la poursuite de JF en poussant des cris épouvantés. Stupéfaction puis éclat de rire général, lorsque JF s’arrête et le remercie de sa sollicitude. 

25 février         Envoi d'un fauteuil roulant

Nous montons jusqu’au col par lequel la route redescend en lacets serrés et raides vers le Tigré et la capitale religieuse de Axum. De retour à l’hôtel, nous rencontrons un jeune handicapé qui se déplace sur les mains et les fesses, les fauteuils roulants étant inexistants ici. Nous l’invitons à manger à notre table et prenons discrètement son nom et adresse, pour ne pas induire de faux espoir. Il faudra plus de 6 mois à JF pour trouver le moyen fiable qui permettra de lui expédier un fauteuil adapté, pour éviter les détournements à la frontière et la mise sur le marché noir, enfin pour être assuré qu'il sera emmené en 4x4 depuis Addis Abeba et remis en mains propres. L’ambassade de France sera d’un très grand secours. Et le récit qui nous a été fait bien plus tard de la « livraison » du fauteuil et de la joie de ce jeune homme nous a tous remplis d'émotion. Une goutte d'eau dans un océan de misère, mais une goutte quand même...
Retour sur Gondar l’après midi et arrêt en chemin dans la communauté juive des Falachas, celle qui a fait l’objet d’une émigration douloureuse vers Israel et qui a été racontée dans le très beau film « va et deviens ».  

26 février         Vers le lac Tana

Vol Gondar – Bahar Dar  13h45- 14h10
Grosses difficultés pour rentrer dans le minuscule avion. Le FTT de JF ne tient pas dans le coffre qui sert de soute. Nous démontons les roues et logeons au chausse pied l’engin. Mais que faire de son fauteuil de ville ? Il sera mis dans la cabine, prenant la place du « stewart », lequel n’aura pas d’autre solution que de voyager assis sur le siège des toilettes…
Bahar Dar est située au bord du lac Tana, grande masse d'eau peu profonde et parsemée de nombreuses iles.

27 février

Ballade au marché, très animé.
L’après midi, nous voulons partir sur une ile du lac Tana, sur laquelle se trouve un monastère très renommé. Nous  évitons les bateaux destinés aux rares touristes et faisons le choix d’une sorte de barque à moteur, basse sur l’eau. Mauvaise pioche. On nous prévient que le lac est infesté de bilharziose. Inquiétude à l'apparition d’embruns de plus en plus abondants, à mesure que nous avançons vers notre ile. Un début de panique se saisit alors du groupe et nous renonçons à notre trajet.

28 février         FTT aux chutes du Nil

Grand jour, nous partons vers Tissisat, les chutes du Nil Bleu, situées 35 km après l’exutoire du lac Tana. Elles semblent être bien en eau, car les pluies ont été abondantes. Le minibus nous dépose au départ du chemin d’accès. JF enfourche son FTT et franchit le pont enjambant l'étroite gorge dans laquelle grondent les eaux tumultueuses du Nil. Remontée jusqu'à un petit village où nous interrogeons les habitants pour estimer la possibilité d’accès plus loin en FTT. Le verdict est formel : le passage est possible mais il est très dangereux, parce qu’entièrement déversant dans les grandes pentes raides qui plongent dans le canyon du Nil. Ils proposent une solution originale et spectaculaire : JF sera porté dans son FTT à l’aide de grosses branches qu’ils coupent alors sur le champ. Et c’est grâce à cette surprenante chaise à porteurs, à l'allure royale, qu'il parviendra tout au bout du sentier jusqu'à l’impressionnant belvédère d’où le spectacle des chutes est magnifique. Mais là, il est hors de question de relâcher les freins, une fois le FTT posé au sol…

 1er mars

La tentative avortée vers l’ile du lac Tana nous avait laissé sur notre faim. Nous projetons de refaire un essai par la piste qui remonte long d’une presqu’ile jusqu'à un monastère. Nous négocions un 4x4 pour être sûr de tenir les contraintes horaires (notre vol sur Addis est à 14 h 30). Mais en fait de 4x4, c'est une vulgaire voiture que nous voyons arriver. Nous tentons quand même le coup et nous nous retrouvons rapidement sur une piste très chaotique et difficile sur laquelle l'allure est d'une désespérante lenteur. Nous nous attendons à chaque instant à rester plantés dans un trou. Au bout de 2 h ½ la végétation s’éclaircit un peu et nous découvrons les cases d'un petit village où c’est jour de marché. Fin du trajet motorisé. JF passe sur son FTT et nous poursuivons par un sentier étroit à travers une jungle relativement dense.
L’église apparait enfin. Visite au pas de charge et découverte surprise d’un débarcadère auquel arrive à point nommé un bateau correct. Nous le prenons au vol, retrouvons le reste du groupe et parvenons à 14 h à l’aéroport.

2 – 3 mars

Addis Abeba et retour sur la France

(extraits du carnet de voyage de Christiane Porret) 

Le Site      Avertissement